Par ici la sortie ...
Chers ami(e)s de ce blog,
J'ai le plaisir de vous informer de la mise en marche de mon site internet sur http://cesquelquesmots.com
Pour ceux et celle que cela intéressent vous pouvez vous ré inscrire pour recevoir un petit mot lorsque j'y fais une mise à jour (oui je sais je suis un peu paresseuse en ce moment).
J'espère que tout fonctionnera sans fausse note, il y a peut être encore des réglages à faire et je serais à votre disposition sur l'adresse suivante admin@cesquelquesmots.com pour tout problème, question technique ou commentaires...n'hésitez pas !
Bonne visite, à bientôt de vous retrouver tous plus quelques nouveaux !
Kinedimo
A Blog ouvert : Accueil d'une petite nouvelle !
Il n’est jamais évident de présenter une personne que l’on connait depuis toujours. En préparant mon texte pour vous dévoiler celle qui vient enrichir la rubrique « A blog ouvert » je crois que je n’ai jamais autant souffert. Comment vous la présenter…
Voici la Semeuse d’Oscar Roty qui en 1886, croqua une jeune agricultrice pour façonner une médaille destinée a récompenser le lauréat du concours agricole. Plus communément c’est par la monnaie que cette Semeuse accède à la postérité . Emise en 1898, La Semeuse va orner nos pièces de monnaies jusqu'en 2002. Joli record, la semeuse c’est celle qui traverse le temps à vos côtés...comme coline !
La semeuse est pour moi un symbole fort. Une image assidue de la femme d’hier et d’aujourd’hui : déterminée et ancrée dans la vie. Elle marche vers l'avant, en semant les graines d'un futur optimiste. Son geste ample marque sa générosité. Semer ainsi c’est aussi ambitionner de nourrir le monde avec désintéressement.La semeuse c’est la générosité et la bienveillance…comme Coline !
Et puis il y a la Semeuse d’Eugène Grasset .Effigie d’un fameux dictionnaire de 1896 aux années 2000.Cette représentation est toujours accompagnée de la phrase « je sème à tous vent. » Cette semeuse là, c’est la semeuse du savoir celle qui fait grandir... comme Coline !
Coline peint et dessine depuis pas mal d’années mais elle ne garde que rarement ses œuvres. Depuis un an elle s’attache à parfaire sa technique au travers de cours, je lui envoi tous mes encouragements même si je pense qu’elle n’en a pas vraiement besoin. J’ai ainsi eu l’occasion de lui volé averc son plein consentement quelques clichés, fruits de son travail en atelier associatif . Au gré d’anniversaire, de fête, de rencontres et de retrouvailles, elle sème à tous vent ses dessins et ses peintures.
Si je la vois comme une semeuse c’est que je sais qu’elle est tout à la fois celle de Roty et celle de Grasset. En préparant ce texte je n’ai pas pu choisir . Elle est cette femme qui reste debout, face au vent et aux événements, celle qui nourrit et veille avec tolérance, mais aussi celle qui donne l’accès au savoir au gout de partager.
Coline ton album ici t’es donc ouvert..a toi de l’enrichir, soit la bienvenue et merci pour tant et tant de choses !
Robert LAMOUREUX
Lorsque j'ai comencé ce blog il a fait partie des premiers auteurs que je souhaitais faire figurer ici. J'apprends son départ pour toujours. Je vous sers donc ce poème absolument merveilleux que je bloggais il y a un an...un texte "fondateur" pour moi..
LA PARESSE par R.LAMOUREUX
Vous me dites, Monsieur, que j'ai mauvaise mine,
Qu'avec cette vie que je mène, je me ruine,
Que l'on ne gagne rien à trop se prodiguer,
Vous me dites enfin que je suis fatigué.
Oui je suis fatigué, Monsieur, et je m'en flatte.
J'ai tout de fatigué, la voix, le cœur, la rate,
Je m'endors épuisé, je me réveille las,
Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m'en soucie pas.
Ou quand je m'en soucie, je me ridiculise.
La fatigue souvent n'est qu'une vantardise.
On n'est jamais aussi fatigué qu'on le croit !
Et quand cela serait, n'en a-t-on pas le droit ?
Je ne vous parle pas des sombres lassitudes,
Qu'on a lorsque le corps harassé d'habitude,
N'a plus pour se mouvoir que de pâles raisons...
Lorsqu'on a fait de soi son unique horizon...
Lorsqu'on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre...
Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ;
Elle fait le front lourd, l'œil morne, le dos rond.
Et vous donne l'aspect d'un vivant moribond...
Mais se sentir plier sous le poids formidable
Des vies dont un beau jour on s'est fait responsable,
Savoir qu'on a des joies ou des pleurs dans ses mains,
Savoir qu'on est l'outil, qu'on est le lendemain,
Savoir qu'on est le chef, savoir qu'on est la source,
Aider une existence à continuer sa course,
Et pour cela se battre à s'en user le cœur...
Cette fatigue-là, Monsieur, c'est du bonheur.
Et sûr qu'à chaque pas, à chaque assaut qu'on livre,
On va aider un être à vivre ou à survivre ;
Et sûr qu'on est le port et la route et le quai,
Où prendrait-on le droit d'être trop fatigué ?
Ceux qui font de leur vie une belle aventure,
Marquant chaque victoire, en creux, sur la figure,
Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus
Parmi tant d'autres creux il passe inaperçu.
La fatigue, Monsieur, c'est un prix toujours juste,
C'est le prix d'une journée d'efforts et de luttes.
C'est le prix d'un labeur, d'un mur ou d'un exploit,
Non pas le prix qu'on paie, mais celui qu'on reçoit.
C'est le prix d'un travail, d'une journée remplie,
C'est la preuve, Monsieur, qu'on marche avec la vie.
Quand je rentre la nuit et que ma maison dort,
J'écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ;
Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance,
Et ma fatigue alors est une récompense.
Et vous me conseillez d'aller me reposer !
Mais si j'acceptais là, ce que vous me proposez,
Si j'abandonnais à votre douce intrigue...
Mais je mourrais, Monsieur, tristement... de fatigue.
Ma première bougie
Depuis longtemps je portais l’envie d’avoir un lieu pour proposer les idées qui me passaient par la tête. Internetophile de première catégorie l’idée de faire un blog ne m’était pourtant pas apparue comme évidente.
Un peu au pif je me suis inscrite sur canalblog.
Je n’avais aucune idée de texte à mettre en lige, tout juste quelques photos sous le coude et des poèmes qui me sont chers. J’ai donc commencé sans une ligne directrice, sans même prendre la peine d’en chercher une par la suite. A tord m’a t on dit. Peut être.
En ne définissant aucun thème à ce blog je me suis évité de m'enfermer autour d’une thématique unique. Je ne voulais pas faire exclusivement un blog d’assistante sociale.Je crois avoir assez longtemps bataillé contre moi-même pour savoir que ma personnalité dépasse mon identité professionnelle. Alors voilà ce blog c’est le bordel, il part un peu dans tous les sens mais c’est ainsi qu’il me ressemble.
S’il n’a pas été trop compliqué de s’exposé à la critique de parfaits inconnus, anonymement et à distance. Il m’a fallu passer un cap lorsque j’ai osé en parler autour de moi. Je cherchais à inviter des connaissances à partager leurs créations. Aujourd’hui j’en profite pour les remercier tous et toutes vivement, et réitère l’invitation auprès de chacun(e). Les meilleures collaborations ne sont elles pas celles qui traversent le temps ? De nouvelles venues sont aussi les bienvenues !
Cette année de gribouillage de carnet fut aussi une année de jolies rencontres humaines et d’expression. Tout est passé comme un éclair et m’a beaucoup appris. Merci au presque milles visiteurs qui ont consulté cette petite quarantaine de textes. Les trois milles pages ainsi consultées, les quarante commentaires déposés en ligne, les nombreux mails (même les pas gentils lorsque j’ai parlé des aidants sexuels !) tous m’ont touché. Merci pour cette super soirée où vous avez fait péter le score lors de la publication de la discrète…qui reste aujourd’hui un des textes les plus consultés du blog !
Joyeux Anniversaire à nous,
A très bientôt,
Kinedimo
Les enfants de Chronos
(Photo personelle , Côte Sauvage, Quiberon,2010)
Je suis une enfant de Chronos. Je désire en temps réel. Je rêve en instantané. Mon monde n’est monde que parce qu’il fonctionne 24h sur 24h, 7jr/7. J’ai dans mon téléphone tous les numéros indispensables à ma vie : Sos porte, Sos dentiste, Sos jeune, Sos pizza. Je dois toujours satisfaire et être immédiatement satisfaite.
La vie est ainsi faite.
Je suis une enfant de Chronos. Je suis un mouvement perpétuel. Je cours, je résous des dizaines de problèmes à la fois. Je ne prends plus le temps de penser. Je suis régulièrement ivre d’impératif. Ma vie doit être constamment haletante au moins.
Elle n’ira pas bien loin.
Je suis une enfant de Chronos. Je gère mon temps. Pas d’espace vide ni de temps mort. Tout autour de moi est urgence. Je n’ai pas le temps. Moins j’ai de temps plus j’existe c’est prouvé.
Je la trouve fatiguée.
Je suis une enfant de Chronos. Je ne suis plus seulement obéissante je suis déterminée. Je pense à tout. Je suis irréprochable. Je n’oublie aucune échéance. Je capte à toute vitesse, je synthétise à toute allure, je produis vite.
Je suis dans l’instant de l’exploit.
Je suis une enfant de Chronos. Je percute. Je vais vite même si ce n’est pas urgent. Je zappe d’un sujet à l’autre. Je pare au plus pressé.
Cela va-t-il s’arrêté ?
Je suis une enfant de Chronos. Ma vie n’a pas de sens. Ma vie est une trajectoire, qui a perdu toute direction. Je trouve le bonheur trop lent à construire, je ne prétends qu’à un mieux être. Je ne sais plus saisir le temps. Ce matin j’ai décidé d'annuler le temps.
Elle est passée par la fenêtre.
Bonjour !
(photo prise par mes soins passage verdeau, musée grévin) Ahahaha..je suis très contente de revenir gratouiller mon Blog. Tout d'abord merci aux anonymes, et moins anonymes, qui depuis une bonne quinzaine de jour sont venus cliquer sur contacter l'auteur...pour m'indiquer que la rentrée se déroule ordinairement en septembre...et que le temps se faisait long sans gribouillage de ma part.
Je tiens à m'excuser et vous annonce très officiellement le futur déménagement de mon blog sur le site internet que je construis actuellement. Mais comme j'ai un peu surestimé l'ampleur de la tache j'ai du coup un peu tardé à revenir vers vous.
Nous nous retrouverons donc ici sur le blog jusque fin décembre (mais pour le curieux qui veulent jeter un coup d'œil clic droit + ouvrir le lien : www.cesquelquesmots.com )
D’ici cette fin de semaine je serais à nouveau opérationnelle et vous offrirais un petit billet d’humeur très en lien avec mon nouveau job d’assistante sociale en prévention des risques professionnels !
Et pour le moment juste ces quelques mots :
Un silence, le vide, et puis plus rien
Les jours passent, les semaines, rien ne revient
Ne pas écrire pour remplir
Ne pas tromper, ni même mentir
Constat, froid, criant, presque puant
J’ai été en panne de carburant !!
Pas facile de changer en même temps
De boulot, de fonction, de mission
De collègues et de patron !
A samedi pour un « vrai » texte…
Le jour de la distribution
Des fois, non en fait souvent, j’envie la verve et l’esprit de mecs comme Jean Pierre Gauffre, Stéphane Guillon ou Bruno Gacio. En relisant mes classiques et grâce aussi au talent d’Eric Fiat j’ai aujourd’hui avancé dans la compréhension du pourquoi de mes piètres gribouillis.
Dans le mythe de Prométhée du Protagoras de Platon, Socrate nous raconte ceci :
Zeus Dieu des Dieux demande à deux Titans Prométhée et Epiméthée de distribuer à tous les êtres sur Terre des qualités naturelles, de pouvoir subvenir à leur survie, leur besoins ,leurs envies.
Pour leur facilité la tâche Zeus rassembla toutes les qualités dans une besace. Il tendit cette besace à Prométhée, ce qui agaça Epiméthée, une fois de plus relégué au rang d’assistant de Prométhée. Zeus leur dit d’être justes, de ne pas donner tout à l’un et rien à l'autre. C’est ainsi que les deux titans descendirent sur Terre. Rapidement Epiméthée demanda à Prométhée de pouvoir s’acquitter de cette mission. Il pourrait ainsi prouver à Zeus sa valeur et peut être remonté dans son estime. Il promit d’être inspiré par la justice et fit tout un speech à Prométhée afin de le convaincre. Prométhée céda et décida d’offrir cette occasion à Epiméthée.
Ce dernier commença son œuvre : En donnant la force au lion, il reconnu qu’il n’avait pas besoin de lui attribuer la rapidité, qu’il concéda à la gazelle qui, du coup n’aurait pas besoin de carapace. Par conséquent la tortue, qui reçu la carapace, n’eut pas besoin de la qualité de changer de couleur qui fut donnée au caméléon pas mécontent de ne pas avoir une carapace à s’ trimbaler. Perpétuellement guidé par l’idée de justice il n’octroya pas le venin au chameau à qui il préféra donner deux bosses en laissant le venin à la vipère…Je continue ? Non je crois que vous avez compris le principe !
Prométhée qui n’avait pas envie d’affronter les foudres de Zeus, alors très réputées pour leur vélocité vint s’enquérir de l’avancée de la mission et demanda à Epiméthée des comptes. Celui-ci lui expliqua avoir réfléchi au moindre détail toujours guidé et inspiré par la justice. Il raconta comment il avait donné la force au lion, la rapidité à la gazelle…Je vous passe la succession car il semblerait que je vous ai déjà parlé...Soudain arrive un bipède, sans poil, ni plumes, ni écailles. Son corps est à peau découverte. Voyant l’animal, Prométhée se tourna vers Epiméthée et lui demanda : «Et lui que lui donneras-tu ? » Epiméthée ouvrit la besace : Vide ! Vous imaginez bien que l’étourderie d’Epiméthée ne fut pas sans conséquence. Son inattention fit définitivement venir l’homme au monde avec des besoins, des envies mais il n’avait plus rien à lui donner pour les satisfaire.
Voilà pourquoi j’écris sans talent de pauvres traits d’humours, de minces créations avec de petites idées. Lors de la grande distribution, l’octroi de la plus talentueuse mauvaise fois, de la façon de savoir dire tout haut ce que nous pensons tout bas avec des traits d’humour insensés sont allés aux mecs comme Gaufre, Guillon et Gacio…Ils sont vidés la besace de l’esprit, résultat : Moi mon nom commence par un R…alors je m’escrime, je graffite mon cahier, je me torture le critérium et au final…bon bah heu …j’ai fais assistante sociale !
Un peu de mon quotidien II : La discrète
A demie aveugle, elle marche à pas comptés, une canne à ses côtés, Discrète à 87 ans. Elle s’est présentée un matin de novembre pour m’expliquer que depuis des mois elle s’occupe de son fils qui n’en finit pas de mourir dans une quasi indifférence. Tiens, ce matin elle est arrivée en avance, elle attend dans un renfoncement de la salle d’attente. Contre elle, lové, je sais que Discrète entretient une amer mélancolie au fond de son ventre.
Rituel à tous mes entretiens : je me lève, vais la chercher, je la nomme et lui tend la main. Nous nous installons. Elle commence : elle me parle de lui, son anniversaire est en mai, sera-t-il encore là ? Quatre portages de repas hebdomadaire c’est le maximum que son budget puisse faire. Les autres jours ? Elle vient de Paris lui faire à manger, payer les factures, trier son courrier.
Discrète est épuisée. Elle entretient silencieusement son chagrin, elle le cache, en prend soin chaque matin et continu de le bercer toute la journée un fils décharné à ses côtés. Discrète à 87 ans.
Laissez-moi vous offrir un café…Pardon, vous dites ? Vous préférez un sourire ? Pourquoi pas. J'en ai pleins mes tiroirs, je les offre et les partage c'est gratis. Pour vous, je les fais toutes options : Mes yeux dans vos yeux, mes mains sur vos mains. Je sais les faire légers, complices, rieurs ou pétillants.
Vous pleurez, maintenant. Elle s’excuse, ici cela ne lui est jamais arrivé :" Je ne pleure qu’en privé jamais autrement. Et puis si je pleure, c’est toujours doucement".
Ne retenez rien mon bureau est fait pour ça. Je dépose un petit mouchoir près d’elle, prend ses mains, maigres et diaphanes, quelques secondes dans les miennes et me remet à chercher dans ma boite à sourire. Je farfouille car je sais qu’il y en a forcement un à sa taille. Je l’ai vu hier soir, avant que je m’en aille.
Pardon, comment ? Ah oui je sais ; il devra tenir un moment, vous me l’aviez dit précédemment.
Ah le voilà ! Regardez ! Essayez le, tournez-vous vers moi..oui.. celui là est parfait. Bon va falloir le faire durer ! Une recommandation ? Voyons, je pense qu'il faut le fixer avec deux bouts de scotch, derrière vos oreilles, personne ne verra rien. Et puis de temps à autre pensez à le ranger, ça ne mange pas de pain !
Elle sourit délicatement. Et me dit qu’elle le gardera au fond de son cœur et ne l’utilisera que pour les grandes occasions. En quittant mon bureau, alors que je l’accompagne, je vois qu’elle sert dans sa main toute ridée le petit mouchoir que je lui ai donné. Discrète est morte hier soir. Emportant finalement avec elle un sourire figé ; tenu par deux petits bouts de scotchs sur son visage enfin reposé.
Lien vers un peu de mon quotien I
http://cesquelquesmots.canalblog.com/archives/2010/11/08/19551745.html
Blog ouvert à Kate
Parce que je souhaite au gré de ma vie et de mes rencontres vous faire partager des univers artistiques différents. Je vous invite à découvrir une nouvelle rubrique de ce blog intitulée : A blog ouvert.
Je vous propose de venir à la rencontre de Kate. Cette femme peint, dessine et photographie, elle a voyagé et nous fait ce soir partager un peu de la Malaisie et de l’Asie où elle a vécu.Rendez vous avec le son s.v.p (pour le diaporama) sur l'album ici présent DESSINS DE KATE
Merci de ta participation Kate et bien sur tu seras ici toujours bienvenue . Je vous remercie aussi de réagir à ses dessins elle lira vos commentaires avec soin et pourra y répondre..Alors EXPRIMEZ VOUS elle attend que ça. Et puis pour ma part je vous propose un texte pas si imaginaire que ça figurez vous !
Vous aurez peut être un peu de peine à me croire mais alors que j’organisais le téléchargement des photos un des personnages du tableau de Kate s’est mis à me parler. La femme qui prépare le riz m’a demandé : « Connais tu le Kolam ? » , moi penaude : « Non » ai-je répondu …alors d’une voix à peine plus audible qu’un souffle elle s’est mise à répété :
« Tu vois partout dans le monde je suis :
« Juste avant le lever du soleil, sur les chemins de terre d’un village tamoul ou sur les trottoirs d’une cité soigneusement balayés en Inde, des mains féminines en quête d’éternité créent du bout des doigts des peintures éphémères à base de farine de riz pour y inviter les divinités à descendre..Voilà le Kolam »
Je restais bouche bée, silencieuse, la femme au chapeau de paille tout en tenant sa jarre continua … « Sais tu d’où vient le riz ? » Sans même attendre que je réponde elle poursuivit : « En Malaisie toutes les plantes et le riz sont nées du cadavre d'un dieu assassiné. A Java, des plantes à fruits ont jailli du cadavre d'une jeune fille : du riz est sorti de son nombril ; des branches de cocotier ont poussé hors de sa tête, des fruits mûrs pendaient à ses mains et d'autres fruits tombaient de ses jambes pour aller mûrir sur le sol.
Au japon, bien avant notre ère, Susanoo tua la déesse des nourritures, Ohogetsu-hime De la tête de celle-ci sortirent alors des vers à soie, de ses yeux des semences de riz, de ses oreilles du millet, de son nez des haricots, de son sexe du blé et de son postérieur du soja.
En Chine, faute d'avoir la graine qu'il leur fallait pour ensemencer leurs champs, des paysans lâchèrent dans le ciel un oiseau vert. Celui ci s'envola vers le grenier à riz du dieu du ciel et en revint avec la semence du riz au fond du ventre. Le riz à une âme, un morceau de l’âme des dieux ajouta la voix. Puis elle reprit : « L'âme du riz est investie d'une importance tout à fait particulière au moment de la récolte. Les coupes se font de telle manière que l'âme du riz ne s'enfuit pas, mais se trouve peu à peu repoussée vers l'angle de la rizière. Elle vole ainsi de champ en champ et parvient finalement dans une rizière sacrée. Cette rizière sacrée est ensemencée avant les autres et récoltée en dernier. Dans les autres rizières, les grains sont simplement pressés entre les doigts pour en extraire le riz non décortiqué. Dans la rizière sacrée, en revanche, les tiges de riz sont coupées avec douceur et assemblées en gerbes où est enclose l'âme du riz. C'est dans ces gerbes que sont recueillis les grains non décortiqués qui serviront à ensemencer le champ sacré l'année suivante.
Si l'âme du riz s'enfuit, le riz ne fructifiera pas. .Cette âme s'enfuira rapidement si elle est blessée.
Dans le Japon du 18ème siècle des paysans avaient eu une récolte si belle et si abondante qu’un jour ils firent de grands mochi (gâteau de riz plat) et ils s'en servirent comme cibles pour s’entrainer au lancé de flèche. L’âme du riz ainsi blessée fit se transformé tous les mochi en oiseaux blancs qui s'envolèrent vers le sud. Cette année-là, tous les paysans moururent et leurs champs, laissés à l'abandon, dépérirent. Tu vois partout dans le monde je suis.. »
Une fenêtre s’ouvrit alors sur mon écran, je sursautais « photo téléchargée avec succès » je n’entendis plus rien mais méfiez vous de cette toile elle pourrait vous emmener loin.
Merci à M. Obayashi pour son immense culture
Ci dessous une femme fait un Kolam
Texte à deux voix
A blog ouvert : Le retour ! Il y a quinze jours cherchant à illustrer le texte de la discrète j’ai rencontré par clavier interposé Philipe. Enfin disons Philippe et sa maitresse. Non n’allez pas imaginez que j’errais sur quelques sites spécialisés !! Touchée par son travail photographique Philippe écrit aussi. Il parle de son quotidien, il témoigne des maux et des choses de sa vie. Un témoignage simple sur le thème de la douleur, sa façon de vivre avec. Un soir où, disait-il, le courage lui manquait il m’a transmis un premier texte et cette photo.
« Je suis marié, j’ai 59 ans et j’ai la chance de vivre avec une personne qui ne me voit pas à chaque instant comme une personne handicapée et m’accepte tel que je suis »
Tu me disais avoir une relation en trio ? De quoi parles-tu ?
Oui, je suis marié et j’ai une maitresse. Toujours présente elle m'accompagne nuit et jour. De temps à autre elle disparaît, souvent elle réapparaît encore plus pressante, encore plus tyrannique voici ma maitresse : la douleur.
De quoi souffres-tu ? Je vis avec ma femme, une sclérose en plaque et trois infarctus . Vivre ainsi c’est vivre à la fois avec une personne qui m’accepte tel que je suis (je suis chanceux !) mais aussi avec une autre, une qui me ronge petit à petit, mais qui ne me tue pas. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la douleur n'est pas toujours aussi terrible que l'on veut bien le dire.
Et ta maitresse ? La douleur, c’est une présence. Elle m’oblige malheureusement à me couper du monde. Je l'appelle ma maîtresse, car c'est elle qui parfois me réveille la nuit, ou qui m'oblige à faire semblant d'être bien quand je suis en société alors qu'en fait je ne pense qu'à elle tant elle envahit mon corps et occupe mon esprit. Comme toute maîtresse, on veut la cacher aux autres on ne la partage pas ! C’est Ma Douleur ! Pour ça j’ai mes phrases toutes faites : « Comment vas-tu ? Très bien et toi ». C'est ainsi que je la cache. Je n’ai pas envie de la présenter aux autres, inutile d'en faire un drame, ils ne peuvent pas comprendre. Ils ne peuvent pas comprendre ce lien qui nous unit elle et moi. Ils me plaindraient et alors ? Cela ne me sert à rien !
Alors ? Alors, y a les petits comprimés blancs. Ce sont les seuls qui la connaissent et savent chasser Ma Douleur.
Après eux ? C'est une espèce de désert, un repos. Et voilà comment parfois je passe mon temps à essayer de contrôler mes sautes d'humeur, mes accès de déprime, mes accès de colère. 
J’ai lu pas mal de textes sur ton site tu es aussi lucide qu’ironique ! Cites moi un truc qui te fait rire ? C’est quand je me décide à présenter mon insidieuse maîtresse et que l’on me dit: « moi je me souviens quand je me suis fait opérer de ceci ou de cela d'avoir eu très mal » ou encore « mon pauvre est-ce que je peux faire quelque chose pour toi » ou encore « oui mais tu sais il y a un type qui a réussi à écrire un livre uniquement en clignant des yeux ! ». Ouais, super !( ironic !)
Tu comprends pourquoi je ne peux présenter cette maîtresse. Il faut aussi s'habituer au regard de l'autre qui ne peut pas comprendre. Le constat est clair et sans appel : Une personne en bonne santé ne pourra jamais se mettre à ma place.
Je ne veux pas que ces quelques lignes soient lues comme une plainte. Elles expliquent simplement à un instant T comment beaucoup de personnes vivent avec cette étrange et douloureuse compagne. De la part des amis véritables je préfère un bon silence face à ma douleur plutôt que leur pleurs ».
Vos commentaires et/ou vos mails sont toujours bienvenus. Cliquer sur commentaires en bas de ce texte ou sur contacter l'auteur. Philippe peut vous répondre directement depuis le blog et pour ne plus louper une seule des mise à jour de ce blog inscrivez vous à la newsletter !!
Bien sûr voici l'adresse de son site http://www.translucide.info/. Merci à toi .
Qu'est ce que tu dis grand père ?
Qu'est ce que tu dis grand-père ?
Murs blancs
Blouses blanches
Couloirs cirés
Table briquée
Tout à l'étiquette
Ca ne te convient pas ? De quoi te plains-tu grand-père ?
On te lève à l'heure
On te nourrit à l'heure
On te lave à l'heure
On te médicamente à l'heure
On te couche à l'heure
Et ça ne va encore pas ? Qu'est-ce que tu racontes grand-père?
Tu as du temps toi !
Tu es tranquille toi !
T'as pas de soucis toi !
Tu attends la soupe
Tu en as de la chance toi !
Et ça ne te contente pas ? Qu'est-ce que tu radotes grand-père ?
Tu dis que tu t'en fous
La belle maison, tu t'en fous
Les repas à l'heure, tu t'en fous
Les couloirs cirés, tu t'en fous
Les bains-douches, tu t'en fous
Ca ne va pas dans ta tête ? Qu'est-ce que pleure grand-père ?
De vrais regards
De vrais bonjours
Un peu de tendresse
Beaucoup d'amitié
Une vraie liberté
Et puis quoi encore ?
F. CHALET
Pourquoi être patient avec les vieux ?
Pourquoi être patient avec les vieux ?
Parce que le soir quand j’achète ma salade chez Franprix et qu’aux caisses y a douze personnes devant moi et que la moyenne d’âge vacille (comme les clients) entre 75 et 80 ans..Je soupire, ça m’énerve et puis je relativise en me souvenant aussi de ce que parfois leur quotidien est fait.
J’ai d’abord eu envie de vous (d)écrire une scène récemment vécu ou une personne âgée c’est quasiment mise à pleurer parce la dame au guichet ne prenait pas le temps avec elle et puis cela aurait été trop facile, trop manichéen surement. Alors je vais tenter de sortir de l’anecdote et vous rafraichir un peu la mémoire.. Dans les lignes qui suivent pas de scoop, juste une piqure de rappel pour qui veut bien y mettre un peu du sien... Entre sympathie et antipathie y a un juste milieu : l’empathie.
Dans mon travail des vieux j’en ai plein : « des riches », « des pauvres », « des malades », « des râleurs », « des qui puent et surtout pour beaucoup d’entre eux « des tous seuls ».
On ne se rend pas compte nous vaillants sur nos deux gambettes mais vieillir c’est souvent faire le deuil de plein de choses à la fois. C’est une période de la vie au cours de laquelle de grands changements surviennent et presque tous à la fois: Les vieux voient mourir leurs amis, ils doivent accepter de mettre trois plombes pour sortir du lit le matin, ils perdent souvent l'estime de soi, ils ont aussi un sentiment d’inutilité, son parfois éloigné de leur famille, avec des aides insuffisantes ou absentes, un niveau de vie plus faible qu'auparavant et des difficultés é à sortir de chez eux.
Et vous savez quoi : Cette liste n’est pas exhaustive !
C’est à la fois accepter tout plein de défaillance de son corps, vivre dans des conditions plus rudes que par le passé alors qu’ils sont pourtant plus fragiles. Avec parfois la cruelle nécessité de demander à un tiers de faire à sa place : Faire le ménage, faire les courses, faire sa toilette !
Bon sang …vous vous rendez compte…pfff !! Ca peut rendre aigri, ça peut fiche la frousse, c’est parfois humiliant.
Alors qu’on soit dentiste, assistante sociale, boulanger, banquier, facteur, nous en côtoyons tous des vieux. Se sont nos clients, nos patients, nos parents, nos usagers, nos voisins..Eh oui parfois ils nous agacent, nous mettent en retard.
On les trouve égoïstes mais souvent ils nous rappellent simplement qu’ils n’ont pas été épargnés par la vie. On les trouve facho, râleurs, casse bonbons, exigeants, envahissants, trop bavards, chronophages et puis en fait ils sont juste terriblement seuls et cherchent du contact..du lien social comme on dit aujourd’hui.
Non que je veuille faire de l’angélisme car oui il y a : des « vrais casses bonbons », oui il y a des « qui sont méchants » mais si fait le compte dans notre semaine entre les gentils et les casses bonbons il y en a combien de casses bonbons ? Y sont majoritaires..bah non je crois pas !
Des dizaines de fois par mois j’entends l’un d’eux me dire « ça fait X jours que j’ai parlé à personne, vu qui que se soit alors vous comprenez quand je tiens quelqu’un bah j’en profite je parle. »
Eloquent non ? Dans ce monde où vous comme moi nous aspirons parfois au silence certains en bouffent tellement du silence qu’ils n’en peuvent plus.Alors quand M. Machin ou Mme Truc va venir vous prendre 15 minutes pour une affaire qui pourrait juste en prendre deux..Tentez l’expérience suivante :
Laissez la vous voler un peu de temps, ne la pressez pas, intéressez vous un peu à lui ou elle et finalement vous gagnerez à moins vous agacer, M. truc repartira plus vite et vous vous sentirez en plus juste un peu meilleur...Allez y n’ayez pas peur sont vieux mais pas (tous) méchants.
Pour aller plus loin ci après un poème de F.Chalet que je trouve plutôt sympa.
J’oubliai..Bonne Année !! Merci encore de vos encouragements réguliers que je reçois par mail en (contacter l’auteur) ou en laissant des commentaires…la semaine prochaine KATE (dont vous ne retrouvez plus l’album en ce moment car je bosse dessus) reviendra nous conté l’Asie…alors si vous n’êtes pas encore inscrit à la newsletter c’est le moment de vous décider pour ne pas louper le jour où elle ré apparaitra avec tous ces fabuleux dessins.
Bonne semaine à tous,
Contre vérité : Un peu de mon Quotidien III
Devant dire au revoir à tant de personnes ces denriers jours ( changement d'employeur). J'avais envie de reprendre en deux lignes des idioties professionnelles. Je ne les pas toujours dites aux personnes (ouff) mais je me suis surprise à les penser ou à les entendre de la part d'autres collègues...petits extraits de mon quotidien III
On dit "il est en liste d’attente HLM", un peu comme si M. B vivait dans la liste d'attente
Mais en fait il habite seul un hôtel sordide loin des siens.
Non Madame S. n’a pas "guérit de son cancer"
Elle se sait tout au plus en rémission pour un mois, un an, une vie
Alain ne sort pas "miraculeusement indemne" de cet accident
Il se demande chaque jour pourquoi c'est sa femme qui est morte
Mamy ne passe pas son temps à "ressasser les mêmes histoires"
Elle a décidé que le souvenir serait plus important que l’événement
On ne prends pas de décision pour l'autre car on a "toujours le choix"
On ne fait simplement pas toujours le bon
Nous ne "naissons pas tous égaux"
Mais nous nous battons tous les jours pour l’être
Le meilleur est à venir
J'aime à croire
Que vouloir c'est pouvoir
J'aime à penser
Qu'aimer c'est respecter
J'aime à me dire
Que le meilleur est à venir
Dialogue intérieur
L’attente est un compte à rebours du temps qui s’égrène,
Minutes, heures, jours, semaines,
L’attente est le moment pour imaginer
La réponse qui me sera donnée, le sort qui me sera réservée,
L’attente est cette heure sans fin, éternelle,
Qui me vrille le ventre d’une douleur sourde et confidentielle,
L’attente se nourrit de mon impatience,
Pesante de toute sa lenteur pour me rappeler sa présence
Elle me saisi en une frayeur, puis
M’abandonne tendrement
Dans mon tourment
Mon calvaire est à ses yeux aussi doux qu’exquis
L’attente est un art à endurer,
Fait de supplices, de tortures, et toutes ses habiletés
Portrait de rue
Portraits de rue peints à la craie aussi fragiles que ceux qui y dorment (cliquez pour agrandir l'image)
Déménagement de textes
Pour celles et ceux qui suivaient mes laborieux progrès en course j'ai décidé de mettre mes tribulations d'entrainement ailleurs..ça ne collait pas avec l'esprit de ces quelques mots..alors vous voulez savoir si je passerai la barre de 6 km en mois de 40 minutes???Rendez vous ICI :
http://maparisienne2011.canalblog.com/
Lien aussi disponible dans "sites et blogs que j'aime" ici haut à gauche
Je veux tout à la fois
Je suis "tombée" sur cette photo chez "une connaissance bretonne",
elle m'a beaucoup plu..vous voulez en voir d'autre cliquez
sur le lien en dessous du cliché !
Photo de P.G http://www.translucide.info/
Je veux tout à la fois être là et ailleurs
Je veux tout à la fois aimer de toi le pire et le meilleur
Je veux tout à la fois savoir soigner, écouter, n’être jamais fatiguée
Je veux tout à la fois être moi, être meilleure, être toujours aimée
Je veux savoir consoler d’un sourire
Je veux comprendre d’un regard
Je veux dans ma mémoire tout inscrire
Je veux pouvoir tout garder, tout donner, au hasard
Je veux un jour me sentir une femme responsable
Et me sentir plier sous ce poids formidable
Je veux tenir des joies ou des pleurs dans mes mains,
Je veux juste pour Lui et pour Elle être un nouveau lendemain
Tu fais quoi la semaine prochaine ?
Comme tous les dimanches soir ils descendaient la grande rue qui finissait à l’autre bout de la ville dans le quartier des pharmacies.
Lolipop et Mikoïan avaient leurs habitudes, leurs rituels, avant de se rendre à la pharmacie.
Vers 19h30 se préparer pour passer chez Ilan avaler un dernier repas saturé de graisses et d’hydrate de carbone, plats dont l’absorption était strictement illégale en semaine. Mais du samedi matin 8h au dimanche soir 22h tout était permis, graisse, sucre, alcool, tabac...
Ce qui ne pouvait souffrir du moindre écart se sont les 120h heures que représentaient les jours de la semaine. Là pas question de déroger aux 40 heures de travail intensif, aux 5h hebdomadaires consacrées à absorber une nourriture parfaitement conforme aux directives nationales du programme « avalé-remué-pour-une-bonne-santé-», aux 10 heures de sport obligatoires, et aux 30h de sommeil en mode automatique, pour les heures restant quartier libre chez soi.
Lolipop : - « Il était chouette ce weekend, pizza, martini, glandouille et cinoche… »
Mikoïan :- « Oui mais un jour on ne verra pas lundi arriver et nous resterons crades et morveux dans nos excès, et sans métier pour la semaine ».
Lolipop : « Meuh non.. ! »
Chemin faisant elle réfléchissait à ce qu’il venait de dire. Il n’avait pas tord. Et qu’arriverait-il s’il ne la prenait pas, comment tiendraient ils une semaine entière ? Elle préféra passer cette question à la trappe et lui demanda :
« Tu fais quoi toi la semaine prochaine ? »
« Je plaide toute la semaine et toi ? »
« Je pars en tournée »
« Ah bon.. ? »
Ils étaient arrivés. La nuit était descendue et toute la foule des fins de weekend se pressait aux portes des pharmacies. Des groupes d’imprudents qui comme eux préparaient leur semaine quelques heures avant 22h et la mise en sommeil automatique.Bisnawak était derrière son comptoir.
« Alors vous faites quoi la semaine prochaine ? » demanda Mikoïan…
« Je pense reprendre mon métier de chauffeur de rame de métro » lui répondit Bisnawak, nerveux il se sentit dans l’obligation d’ajouter « Trois fois par an j’y ai le droit ».
La façon qu’il avait eu de se justifier était étrange. Aucun d’eux ne l’aurait mis en doute. Quand bien même il le ferait pour la dixième fois ce n’était pas leur problème.
Bisnawak -« Et vous.. ? »
Mikoïan :- « Je voudrais plaider ? »
Bisnawak - « Très bien ». Il se tourna vers Lolipop « Et vous ? »
Lolipop : - « Je voudrais faire un concert chaque soir, c’est encore possible ? »
Bisnawak - « Oui, le trip chanteur ne fais plus recette depuis que l’étoile académie est devenue obligatoire deux heures par jour chez les moins de seize ».
Lolipop ne cacha pas sa joie et commença à tapoter sur le comptoir tel un batteur en mode répétition.
Le pharmacien revint quelques minutes plus tard. « Tenez : Vous avez votre carnet de santé ? »
Il inscrivit le code de leur dose respective et leur tendit un papier buvard à chacun. Bonne semaine, travaillez bien et ne rêvez pas trop.
Sur le chemin du retour sentant Mikoïan préoccupé Lolipop lui prit la main.Elle est quand même chouette notre époque lui dit elle. Un buvard chaque semaine et notre drogue du rêve nous permets d’embrasser la carrière que l’ont veut, d’y être ultra performant, de rencontrer un tas de personne.
Mikoïan :- « Oui mais j'ai l’impression que les doses sont plus fortes pas toi ? »
Lolipop : - « Nan, j’ai rien remarqué »
Mikoïan :- « Et puis n’as-tu pas l’impression que de vouloir nous rendre heureux la nuit c’est juste pour nous faire tenir le jour. Toutes ses heures de boulot où nous devons atteindre tout à la fois l’efficacité, l’excellence, la productivité, vivre avec cette alimentation hyper machinée ou hypo bidulé, obtenir un corps parfait, l’entretenir, ne pas vieillir...Je me demande si nous arriverions à tenir ce rythme sans notre dose de rêve choisi. Tu sais je crois que nos rêves étaient devenus trop pauvres, enrichis par les doses ils ne sont finalement devenus qu’un minimum vital pour continuer de nous rendre conforme le jour »
Mais elle n’était pas d’accord. Elle pensait que les doses faisaient partie du progrès. Elles permettaient simplement de rêver plus chaque nuit sans en ayant le choix de ses rêves. Accédant ainsi à la quasi perfection de sommeil chaque nuit.
Il retira sa main de la sienne, la regarda …et bah la suite une autre fois…nana na nèreuh !!
Egoïste ?
"Vers le soir,
Abandonne toi à ton double destin :
Etre envisagée comme égoïste
Et au fond de ton coeur faire signe aux étoiles filantes"
D'après une idée originale de François Cheng
in Un jour les pierres, double chant,Ed : Encre Marine
Etre mère est un droit
Parmi d’autres je crois.
Etre mère ne m’intéresse pas
Ce besoin d’enfant je ne le ressens pas.
Alors pourquoi éternellement me questionner,
De vous inquiéter de ma normalité avec cet air offusqué
Lorsque je dis ne pas vouloir partager,
Ou changer l’ordre de mes priorités.
Perdu face à mon exposé,
A la fin de guerre lasse je préfère m’accuser d’égoïsme,
Affirmer que je suis adoratrice de Saint Individualisme,
Ainsi vous repartez rassurer sur mon degré d’immoralité.



















